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Visuel de l'article 5 " Comment bien communiquer sur les sous-titres ? Le mode d'emploi !"

réalisé par Mathilde Beulé sur Canva.

Comment bien communiquer sur les sous-titres ? Le mode d'emploi !

Publié le 12 octobre 2026

La fréquentation d’un festival repose en grande partie sur une communication efficace. Vous proposez des solutions d’accessibilité ? Les personnes concernées doivent pouvoir trouver l’information rapidement et simplement. En effet, l’accessibilité commence dans votre communication ! Voici quelques bonnes pratiques pour la rendre visible et accompagner votre public jusqu’à la salle.

Intégrer l'accessibilité dans votre communication dès le départ

Commençons par un ressenti personnel : à chaque fois que je veux aller voir un film, je me demande si je pourrai suivre le film. Est-ce que je pourrai proposer cette séance à mes amis et amies ? Est-ce que je pourrai faire x heures de route pour aller au cinéma ou à un festival sans risquer de découvrir, une fois dans la salle, que le film ne m’est finalement pas accessible ?

Pour beaucoup de spectateurs et spectatrices, le processus est simple :

  • il suffit de regarder le programme,

  • choisir un film,

  • prendre son billet.

Lorsque l’on a besoin de sous-titres, c’est parfois une autre histoire.

  • Il faut parcourir le site internet,

  • ouvrir le programme PDF,

  • chercher une éventuelle page “accessibilité”,

  • fouiller la billetterie,

  • remonter les publications sur les réseaux sociaux.

Si après plusieurs minutes de recherches, l’information n’a pas été trouvée, la réponse sera : “ je ne vais pas venir ”.

Dès la création de votre plan de communication, posez-vous les bonnes questions pour répondre aux besoins de votre public : quels films sont sous-titrés ? Dans quelles langues ? Le sous-titrage est-il adapté aux personnes sourdes et malentendantes ? L’information est-elle fiable, facile à trouver sur tous les supports de communication ?

Une personne qui découvre la programmation doit pouvoir savoir immédiatement quels films lui sont accessibles. Pas après une enquête, pas après avoir envoyé un mail à l’organisation et certainement pas une fois assise dans la salle !

L’accessibilité commence bien avant la projection

L’accessibilité commence dans votre programmation : dans votre programme papier et sur votre site web, avec des pictogrammes et des mentions écrites pour chaque film. Elle peut aussi faire l’objet d’un encadré ou d’une page spécifique, visible rapidement par le public. 

Femmes en Montagne constitue sans doute l’un des meilleurs exemples : l’information concernant le sous-titrage est intégrée aux différents supports de communication.

Certain·es découvrent la programmation sur les réseaux sociaux. D’autres récupèrent un programme papier. D’autres encore arrivent directement sur le site ou la billetterie. Une information essentielle doit donc pouvoir être rencontrée sur chacun de ces chemins.

On répète bien les dates, les lieux et les horaires d’un festival. L’accessibilité mérite la même attention.

Capture de la publication du compte instagram @femmesenmontagne avec une vidéo sous-titrée. Transcription textuelle de la publication en dessous de l'image.

Publication sur le compte  instagram @femmesenmontagne (edition 2026)

Transcription textuelle de la publication :
Chez Femmes en Montagne, l'inclusion du public sourd et malentendant nous tient toujours autant à cœur !
Pour la troisième édition consécutive, le festival Femmes sera 100% accessible aux personnes sourdes et malentendantes : films sous-titrés en VOSTFR et VFSTFR, accueil adapté, interprètes présentes sur scène lors des échanges et sous-titrage en direct !
Un grand merci par avance aux interprètes et à la sous-titreuse qui seront présentes lors du Festival du 12 au 15 novembre à Annecy : tout cela ne sera pas possible sans vous.

Transcription textuelle de l'image en dessous de l'image

Capture d’écran de la page d'accueil du site du festival femmes en montagnes (édition 2026).

Transcription textuelle de l'image :
Festival de films Femmes en montagne 2026.
Sélection officielle.
Découvrez la programmation exclusive du Festival, avec des films du monde entier sur des portraits de femmes qui se réalisent, se dépassent, se relèvent et s'émancipent avec comme fil rouge la montagne.
Accessibilité : cette année encore, les soirées de projection seront 100% accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. Tous les films seront sous-titrés et les échanges sur scène interprétés en langue des signes.

Autre bonne pratique : réunir toutes les informations au même endroit. Le FIFAV de La Rochelle propose par exemple une page dédiée à l’accessibilité qui permet de retrouver facilement les renseignements utiles.

C’est particulièrement précieux lorsque les dispositifs sont nombreux et nécessitent davantage d’explications. Cependant, une page sur l’accessibilité de l’évènement ne devrait pas devenir l’unique endroit où trouver l’information. Car une personne qui consulte directement la programmation ne pensera pas nécessairement à aller la chercher. 

Transcription textuelle de l'image en dessous

Capture d’écran de la page accessibilité du FIFAV

Transcription textuelle de l'image :
ACCESSIBILITÉ AU FIFAV.
Le FIFAV s’engage à rendre la culture accessible à toutes et à tous. En 2025, plusieurs séances de cette 22ᵉ édition sont adaptées pour accueillir les publics en situation de handicap et/ou à mobilité réduite en salle et sur le Quai de l’aventure. Concrètement, la programmation du FIFAV 2025 comporte 23 % de séances audiovisuelles accessibles.
Le FIFAV propose 3 types de séances adaptées : Sous-Titrage Sourds et Malentendants ST-SME, Version Française Sous-Titrée en Français VFSTF et Version Originale Sous-Titrée en Français VOSTFR.

Par ailleurs, n’hésitez pas à aller consulter notre article sur les différents sigles et abréviations utilisés dans le domaine du sous-titrage .

À Montagne en Scène, par exemple, depuis la Winter Edition de 2026, des indications concernant le sous-titrage apparaissent dans le parcours de billetterie, après avoir sélectionné un pays. 

Transcription textuelle de l'image en dessous

Capture d’écran de la billetterie de Montagne en scene (winter 2026)

Transcription textuelle de l'image :
MONTAGNE EN SCÈNE EST DE RETOUR POUR SA WINTER ÉDITION !
En tournée mondiale à partir du 12 novembre 2026.
En Belgique wallonne, tous les films sont en version originale et sont intégralement sous-titrés en français. \* Sauf à Bruxelles : les films en langue étrangère sont sous-titrés en français et les films en français sont sous-titrés en anglais.
En Belgique flamande, tous les films sont en version originale et sont intégralement sous-titrés en anglais.

Au festival d’Autrans, des encarts spécifiques ont été inclus sur le site internet ou sur le programme pdf.

Transcription textuelle de l'image en dessous

Capture d’écran du site de l’édition 2025 du festival d’Autrans

Transcription textuelle de l'image :
INFOS PRATIQUES
Billet obligatoire pour les séances avec mention « Billetterie du Festival », quel que soit le tarif appliqué (même si exonéré).
La réservation en ligne est fortement conseillée.
Tarif réduit sur présentation d’un justificatif en billetterie ou à l’entrée des salles.
Séances proposées avec ST français
Dans un souci d’amélioration de l’accessibilité des séances pour tous, le Festival propose des séances avec des versions sous-titrées.
Les séances CM1 jeudi, CM2 mercredi, CM3 jeudi sont en VFSTFR.
Les séances CD6 / CD7 / CD8 / CD9 / CD11 / PR1 / PR2 / PAN05 / PAN07 / PAN09 / SPE9 sont en langue étrangère sous-titrée en français (VOSTFR) ou VFSTFR.

Cependant, certains festivals indiquent bien une mention sur le sous-titrage, mais sont tellement discrets qu’on peut passer des heures à chercher ladite mention. L’essentiel en regardant une programmation, c’est de savoir presque immédiatement “oui, celui-là je peux aller le voir”.

Voici un test  : « Si j’avais absolument besoin de sous-titres, pourrais-je savoir en trente secondes si je peux venir ? ». 

Le travail n’est donc pas nécessairement à refaire. Il s’agit parfois simplement de faire remonter une information qui existe déjà jusqu’à l’endroit où le public prend sa décision, sur les réseaux sociaux ou sur le site internet, de manière intuitive.

Informer sans exclure

Enfin, communiquer sur l’accessibilité demande un peu d’attention dans le choix des formulations. Écrire « les films ne sont pas sous-titrés pour les sourds et les malentendants », par exemple, ne revient pas simplement à donner une information technique. La formulation désigne directement un public pour lui annoncer que l’événement n’est pas pensé pour lui. Elle rentre donc dans une posture validiste. Elle prend une dimension d’autant plus problématique lorsque, une fois sur place, on découvre que certains films sont en réalité sous-titrés.

Il est beaucoup plus simple de décrire ce qui est réellement proposé, film par film : “sous-titrage français”, “sous-titrage sourds et malentendants”, “VOSTFR”,” film non sous-titré”. Si le film ne comporte aucun dialogue, il est judicieux de le préciser par « film muet », « film sans dialogue ». On informe ainsi tout le monde sans désigner certaines personnes comme celles pour lesquelles quelque chose n’a pas été prévu.


Transcription textuelle de l'image en dessous

Capture d’écran de la page “accessibilté” d’un festival (2025)

Transcription textuelle de l'image :
ACCESSIBILITÉ
Toutes les salles sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.
Les films ne sont pas sous-titrés pour les personnes malentendantes.

Ne pas attendre la perfection

Il ne faut pas attendre que tout soit parfait pour remonter l’information des sous-titres. 

Selon l’enquête SOG 2025, plusieurs festivals avaient un certain nombre de films sous-titrés, mais l’information n’était pas ou pas clairement indiquée. 

Autrement dit : des dizaines de films potentiellement accessibles. Mais si une personne qui a besoin de sous-titres consulte la programmation et ne trouve pas cette information, ces chiffres ne l’aident pas. Elle ne sait toujours pas si elle peut venir. Et peu de personnes prendraient le risque de payer un billet pour le découvrir une fois assises dans la salle.

Pour un festival, c’est aussi une perte très concrète de spectateur·ices. Des personnes qui auraient pu venir ne viennent pas, non parce que les films ne leur étaient pas accessibles, mais parce qu’elles ne pouvaient pas savoir qu’ils l’étaient.

Il n’est donc pas nécessaire d’attendre que toute la programmation soit sous-titrée pour communiquer. Si cinq films le sont, annonçons cinq films. Si trente-sept le sont, rendons ces trente-sept films identifiables.



L’objectif de cet article n’est pas de prétendre que tout est accessible, mais d’expliquer que personne ne devrait chercher l’information de l’accessibilité pendant des heures.

Communiquer sur les sous-titres ne demande pas de grands moyens : un post instagram, une mention claire sur le site web de l'événement, voire directement sur l’affiche. Ceci peut sembler dérisoire, mais derrière, il y a des décisions concrètes : prendre un billet, appeler des amis, prévoir le trajet, rentrer dans la salle et profiter d’un bon film en sachant à l’avance qu’il sera compréhensible.


Article rédigé par Hélène Corbeel.